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Le Blog de Diego Boustosse - @forum_faceties

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Salut c'est Diego. Je devais gagner le Ballon d'Or et finalement je me retrouve avec un blog sur le FC Nantes


Petit meurtre entre amis…

Publié par Jean Teuleumane de Raillevert sur 19 Septembre 2009, 14:00pm

Catégories : #Autres Sports


Le petit monde si lisse et policé de la Formule 1 a vécu ces derniers jours une série de péripéties tout à fait notables, mais qui, distillées d’habile façon aux médias par les services de communication de la FIA ont pu laisser l’apparence d’évènements isolés…Or il n’en est rien.
   

 


Recadrons d’entrée le débat : non il ne s’agit pas ici de discuter du énième changement de règles en cours de saison, de débattre de l’intérêt d’un nouveau circuit dans un pays exotique où la culture de l’automobile ne se mesure qu’en pétrodollars, ni même de commenter la dernière soirée privée « interlope » de Max Mosley (quoique…). Il s’agit bien là de décrypter les coulisses d’un monde impitoyable qui ne cache même plus sa tendance à reléguer le sport au second plan pour laisser place à l’intrigue.

 

Mais ne nous égarons pas, et revenons à ce qui nous intéresse : le cas Renault. Le 16 septembre 2009, Renault annonce par voix de presse le départ de Flavio Briatore et Pat Symonds respectivement patron de l’écurie et directeur de l’ingénierie. La cause de leur départ ? Ils avouent avoir triché.

 

Nous n’allons pas refaire l’histoire du premier grand prix nocturne de l’histoire de la F1 (1), mais plutôt revenir sur l’enchainement tout à fait fortuit des évènements qui en découlent.

 

Tout commence au mois d’août 2009. Nelson Piquet, ancienne gloire de la Formule 1 (2), affirme auprès de la FIA que les dirigeants de l'écurie Renault ont demandé à son fils d'aller dans le mur, afin de favoriser son équipier Fernando Alonso lors du Grand Prix de Singapour. Propos repris par Nelson Piquet Jr lors d’une déclaration à la FIA début septembre 2009. Crise aigue de remords ? Croisade pour le retour du fair play en Formule 1?

 

Pas vraiment.

Sans rentrer dans la théorie du complot, rappelons simplement que Nelson Piquet Jr a été évincé de l’écurie pendant la trêve d’août 2009 de façon fort peu élégante, par un Flavio Briatore aussi lunatique et impitoyable qu’il est bronzé. Banale séquence de chaises musicales me direz-vous, dans une discipline où les pilotes sont changés aussi vite qu’un train de pneus…

Que le fils se paye son ancien patron d’écurie, telle une maîtresse bassement éconduite, on peut le comprendre. Mais que vient faire le père dans cette histoire ?

Les médias présentent la chose de façon assez romanesque (le père outré de la façon dont son joyau de fils a été bafoué), alors que la principale motivation du Père Piquet est moins avouable. C’est que ce même Flavio Briatore avait en 1991, agit de la même façon lui!!! Alors premier pilote chez Benetton-Ford, son contrat n’avait pas été reconduit, Briatore lui préférant un tout jeune pilote…un certain Michael Schumacher, le contraignant ainsi à mettre fin à sa carrière.

 

Nous avons donc le mobile : Le père et le fils assoiffés de vengeance, parce que traités à 20 ans d’intervalle comme n’importe quel mannequin de passage dans le lit de Briatore. « Piquet au vif » pourrions nous même dire, singeant par là les calembours lourdauds d’un célèbre quotidien sportif…

Le « léger » écart singapourien de ce cher Flavio allait leur donner l’occasion de remettre les pendules à l’heure. Restent à trouver des alliés de poids.

 

Le premier est Bernie Ecclestone. Il est de notoriété public que Bernie et Flavio ne peuvent pas s’encadrer. Au-delà des blagues faciles sur leurs conquêtes communes, le deuxième fait figure de poil à gratter dans la galaxie du premier. En cause ? La FOTA…cette association de 10 constructeurs/motoristes, présidée par Luca di Montezemolo (Ferrari) mais sympathiquement animée de manière « bénévole » par le sulfureux Flavio, lequel ne perd jamais une occasion de brandir la menace de création d’un championnat parallèle. Et Bernie, il n’aime pas qu’on menace son projet de faire de la F1 un show façon Superbowl américain. Heureusement pour lui, avec le retrait annoncé de Toyota et la vente de BMW-Sauber F1 Team, la FOTA a déjà pris du plomb dans l’aile. Mais si en plus il pouvait se payer une autre grosse écurie ! Et voilà qu’on lui sert sur un plateau la tête de Briatore et la mise à mort de Renault…Vous feriez quoi à se place ?

 

Le deuxième bienfaiteur de la famille Piquet ? Max Mosley, lui-même. Depuis ses dernières frasques, le très controversé président de la FIA, cherche en effet à redorer son blason et un bilan plus que mitigé. Quoi de mieux que de donner en pâture au paddock et aux médias la carcasse d’un des patrons d’écurie les plus arrogants et passer pour le défenseur incontournable de l’intégrité d’un sport que le très influent Nikki Lauda décrit lui-même comme pourri ? Quelle aubaine…

 

Pour une fois, que Bernie et Max sont sur la même longueur d’onde, cela mérite d’être noté.

 

Si le sort de Flavio semble scellé, celui de l’écurie l’est beaucoup moins. Au mieux, une exclusion du championnat 2009, avec une réintégration en 2010, aux prix de concessions dont nous n’aurons jamais connaissance. Au pire, elle risque l’exclusion pure et simple, assortie d’une interdiction (temporaire ou définitive) de participer au championnat.

Gardons en mémoire que punir Renault, c’est affaiblir la FOTA. D’autant que la relève est déjà prête, puisqu’entre temps, Bernie et Max ont annoncé de concert l’arrivée d’une écurie au passé chargé de gloire a été annoncée pour 2009-2010 : Lotus.

Lotus ? Tiens, tiens…il s’agit bien là de l’écurie sur laquelle Nelson Piquet Sr a couru deux saisons, et avec laquelle il a toujours gardé contact ? De quoi assurer un baquet à son fiston pour 2010 ? L’avenir très très proche nous le dira…

 

Jean Teuleumane de Raillevert

 

 

(1) Parti 15è sur la grille de départ après une séance de qualifications catastrophique, Alonso profite concomitamment  de l’accident de son coéquipier au 13è tour, de la fermeture du pit-lane et de la sortie de la voiture de sécurité sur 4 tours pour se retrouver en tête de la course et remporter le grand prix.

 

(2) Champion du monde 1981, 1983, 1987

 

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